Normand Foisy

Normand Foisy participe aux négociations entourant le prix du sirop d’érable.

Normand Foisy toujours intéressé à parler de l’érable!

Pour l’édition de mars de L’Éveil agricole, je souhaitais bien évidemment écrire un texte sur le temps des sucres. J’ai donc pensé à contacter le syndicat des Producteurs et des productrices acéricoles des Laurentides et de l’Outaouais.

Après un appel et quelques courriels qui sont demeurés non concluants, c’est par la messagerie de Facebook que j’ai réussi à entrer en contact avec Normand Foisy, acériculteur et président du PPAQ Laurentides-Outaouais. « Sûrement intéressé à parler de l’érable avec vous! » m’écrit-il. Nous avons donc pris rendez-vous alors que les températures avoisinaient les -45 °C, une journée trop froide pour aller se promener dans la forêt.

Nous parlons d’abord du rôle des syndicats des PPAQ, qui chaque année, négocient le prix du sirop avec le Conseil de l’industrie de l’érable. « On a une entente cette année. On n’a pas eu besoin de faire appel au tribunal de la Régie des marchés agricoles, ce qui est une bonne chose. Par contre, l’augmentation des prix ne suffit pas pour les producteurs. Tout a augmenté, le prix des métaux, du plastique et de l’énergie », indique Normand Foisy.

Ainsi, pour un acériculteur ou une acéricultrice qui souhaiterait démarrer une érablière, les temps sont durs. Combien il en coûterait pour débuter comme acériculteur? Normand Foisy mentionne le chiffre de 2 millions de dollars et ça, c’est sans parler de la terre. Il parle donc d’alternatives telles que les usines de bouillage qui sont une option qui permettrait de réduire les coûts d’exploitation, mais il n’en existe aucune dans les Laurentides et en Outaouais, qui pour Normand Foisy, sont les régions qui constituent le territoire d’avenir de l’érable au Québec. Malheureusement, la forêt de ce territoire n’est pas protégée par le gouvernement, à tout le moins, pas autant que le désire l’acériculteur d’expérience.

Protéger les érables (et les arbres), profitable pour l’économie comme pour la planète

C’est à ce moment que celui qui compte plus de 35 ans dans le métier se met à parler de ce qui semble être sa véritable passion, la forêt et bien sûr, les arbres qui la composent. « Sais-tu ce qu’est un fractale? », me demande-t-il. Alors que je réponds par la négative, il m’explique que c’est Léonard De Vinci qui a été le premier à découvrir la figure fractale en observant les arbres. Une figure fractale est un objet qui présente une structure similaire à toutes les échelles. De Vinci avait donc remarqué que « toutes les branches des arbres, à chaque degré de leur hauteur, sont égales à la grosseur de leur tronc ».

Il poursuit avec éloge en comparant la forêt à la société ou encore à la famille : « Ça prend de tout pour faire une forêt, des gros, des petits, des vieux, des jeunes, comme dans une population ». Normand Foisy me fait donc remarquer que c’est tout le contraire qui se passe en ce moment avec la gestion des forêts publiques. « Je n’en veux pas aux compagnies de bois ou de pâte à papier, mais il me semble que le gouvernement pourrait faire quelque chose pour mieux gérer la forêt et pour l’aménager, comme on le fait dans nos forêts privées. Tous les gros arbres sont coupés, alors que c’est vital ». Il m’invite donc à me rendre en forêt et me lance le défi de trouver de gros arbres. « C’est en ville qu’on en trouve. Dans les forêts, il n’y en a plus alors que ce sont ces arbres qui emmagasinent le plus de dioxyde de carbone », me dit-il.

Pour Normand Foisy, nous serions donc en train de manquer une belle occasion de faire d’une pierre deux coups en retardant la mise en place d’un plan d’aménagement et de gestion des forêts de feuillus publiques du Québec. Pour lui, nous aurions tout à gagner à protéger les feuillus du Québec, entre autres l’érable, qui par l’exploitation de son eau, permettrait de nous enrichir davantage et qui plus est, fournirait une partie des solutions aux problématiques liées aux dérèglements climatiques.

 

Par Simon Martel

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